
©️Jeune Togo – (Lomé, le 3 janvier 2026) – L’affaire opposant le journaliste Mensah Assogbague, directeur du média d’investigation Togo 24, au Cabinet HED Consult, continue de défrayer la chronique judiciaire. Entre condamnations records en première instance et zones d’ombre procédurales devant la Cour d’Appel de Lomé, le dossier suscite l’indignation des défenseurs de la liberté de la presse.
C’est un feuilleton judiciaire qui semble ne pas vouloir finir. Initiée en juillet 2022, la bataille juridique entre Mensah Assogbague et Hugues Xolali Agbemefa Ahoomey-Zunu, directeur du Cabinet HED Consult, est entrée dans une phase décisive devant la Cour d’Appel de Lomé. Mais pour de nombreux observateurs, le déroulement des audiences soulève de graves interrogations sur l’équité du procès.
Rappel des faits : Un article à 250 millions de francs CFA
Tout commence le 15 juillet 2022. Le journal Togo 24 publie une enquête intitulée : « Des tickets falsifiés vendus aux touristes à la Cascade de Womé (Source locale) ». S’estimant lésé, le Cabinet HED Consult engage des poursuites judiciaires pour diffamation.
Si la Haute Autorité de la Communication et de l’Audiovisuel (HAAC) a décliné toute compétence dans ce dossier, le tribunal d’instance à compétences civile et correctionnelle de la ville de Kpalimé est allé vite, et fort. Le 7 juin 2023, après 11 mois de procédure, le journaliste est condamné à verser la somme vertigineuse de 253,8 millions de F CFA (dont 250 millions au titre de dommages et intérêts), un montant jugé « disproportionné » et « punitif » par les organisations de défense des droits de l’homme.
Des audiences en appel marquées par l’opacité
Depuis l’ouverture du procès en appel le 11 juillet 2024, la procédure semble s’enliser dans des paradoxes administratifs. Jusqu’au 11 septembre 2025, la partie civile est restée absente des audiences. La Cour justifiait cette absence par un défaut de retour des exploits d’huissier, alors même que le plaignant, libre de ses mouvements, aurait été aperçu à plusieurs reprises dans les locaux du tribunal.
Plus troublant encore, le prévenu dénonce une rencontre informelle qui a eu lieu le 12 juin 2025 entre la partie civile et son propre avocat, Maître Claude Kokou Amegan. Un rapprochement qui, selon Mensah Assogbague, s’apparente à une trahison et un conflit d’intérêts manifeste.
Un renvoi ultime au 8 janvier 2026
Lors de l’audience du 11 septembre 2025, la défense avait sollicité une mise en délibéré face aux absences répétées du plaignant. Toutefois, le président de la première chambre administrative a choisi d’accorder une « dernière chance » à la partie civile en renvoyant l’affaire au 13 novembre dernier.
Contre toute attente, le plaignant s’est présenté à cette date, tandis que l’avocat du journaliste brillait par son absence, se faisant représenter par un assistant. Ce chassé-croisé a conduit à un nouveau report. L’audience a été fixée au 8 janvier 2026 afin de permettre à la partie civile de préparer ses répliques.
Liberté d’expression ou acharnement financier ?
Pour de nombreux acteurs de la société civile, ce dossier dépasse le simple cadre d’un litige pour diffamation. Ils y voient une manœuvre d’intimidation visant à réduire au silence un média d’investigation par le biais d’une « mort économique ».
La décision attendue dans quelques jours à la Cour d’Appel de Lomé sera scrutée de près. Elle fera office de test pour la justice togolaise quant à sa capacité à garantir un équilibre entre la protection de la réputation et la liberté d’informer, sans céder à ce que certains qualifient déjà de « parodie de justice ».
A la dernière minute, on apprend de bonne source que le prévenu Mensah Assogbague s’est dessaisi de son conseil Me AMEGAN pour des motifs qui seraient liés à la trahison et aux conflits d’intérêts.
La Rédaction
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